What's up in my life?

9/06/2018



J'ai décidé d'être sincère par ici, prendre le temps de donner des nouvelles et vous parler de ce que j'attends du futur.


Ce mois ci, ça fait 3ans que je vis aux States. 3ans. Bordel que c'est long! Je repense à la naïve et frêle petite Flavie qui a atterri ici, un peu par hasard et qui, clairement, n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait. J'ai tellement mal au coeur pour elle. J'ai envie de lui crier qu'il est encore temps de fuir, qu'elle aura une jolie vie, loin d'ici, et qu'elle mérite tellement mieux que ce qu'elle s'apprête à vivre. L'amour factice n'est pas une raison suffisante pour sacrifier sa vie, ses espoirs et sa confiance en soi. Ca y est, à peine quelques lignes d'écrites et j'ai les larmes aux yeux. 
A 24ans, j'ai tout laissé derrière moi, prête à suivre cet inconnu qui n'avait pas la moindre considération pour moi. C'était si évident que ça allait se casser la gueule comme un vulgaire château de cartes. J'aurais du le voir, mais j'étais tellement aveuglée par cette personne qui prenait déjà tant de place dans mon petit coeur. J'avais tant besoin d'amour que plus rien d'autre n'avait d'importance. C'était tellement toxique comme réaction quand j'y repense. Comment est ce que j'ai pu penser que c'était une bonne idée de baser tous mes espoirs sur les épaules de quelqu'un d'autre?

Pour celleux qui ne le savent pas, je suis partie aux States dans le but d'y bosser illégalement pendant 3mois, d'apprendre l'anglais et de me faire une chouette expérience à raconter à mes petits enfants. Sauf qu'au bout d'à peine 24heures, j'ai rencontré quelqu'un et qu'en bonne petite bipolaire qui s'ignorait à l'époque, j'ai foncé, tête baissée dans cet amour à sens unique. Je me suis mariée au bout de 2mois, sans rien piger à la langue ou à l'amour. Mes yeux pétillaient dès qu'il me donnait des miettes d'attention et je croyais dur comme fer en notre histoire.

En une signature, j'ai renoncé à tous mes droits les plus basiques, comme avoir un compte en banque, être capable d'avoir un appartement à mon nom, voyager, travailler et j'en passe. Adieu indépendance et liberté. Je ne pouvais plus faire quoi que ce soit sans y penser longuement pour trouver une solution correcte. Cette première année, je n'avais que 400€ par mois, dont la moitié allait dans mon loyer et le reste dans mes factures. Je ne pouvais pas contacter la moindre entreprise pour leur proposer mes services, je ne pouvais pas me déplacer parce que les américains ne connaissent rien d'autre que la voiture (et il est évident que je n'ai pas le droit de conduire non plus).
Ce nouveau mari m'a évidemment vite délaissé lorsqu'il a compris que c'était moins facile que prévu. Alors je me suis retrouvée là, seule face à mon désarroi, essayant maladroitement d'exprimer ma frustration et mon incompréhension. Doucement, j'ai vu tous mes espoirs s'éteindre un à un, me laissant dans la pénombre d'un avenir incertain. Il était trop tard pour faire machine arrière, mon cerveau avait déjà intégré que je n'étais bonne à rien.

J'ai passé ma première année ici entre rage et tristesse. J'étais seule, tellement seule, rejetée négligemment par toutes les personnes que j'avais rencontré. Tous des hommes, ça va de soi. Je hurlais, dans l'espoir qu'on me vienne à l'aide, mais rien. Ma façon de communiquer était quelque peu brutale pour la culture américaine. 

J'ai doucement sombré, je me suis isolée, mon lit étant devenu mon seul refuge. 

Puis un jour, cet amour, qui était devenu ma seule bouée, s'est rompu et je me suis sentie couler. Je n'arrivais plus à respirer, je n'avais plus la force de lutter. Alors j'ai voulu en finir. Je ne voyais pas un avenir sans lui. Je ne concevais pas de rester seule avec moi même, que j'avais appris à détester profondément. Je n'avais plus rien, plus de maison, plus de rêves, mes proches étaient trop loin pour me venir en aide. J'étais si proche de la fin. Mais j'avais une responsabilité: Merle, ma chienne. J'avais pris la décision de la prendre en charge et je n'avais pas le droit de lui faire ça. Alors j'ai continué à vivre, pour elle, et bordel, je ne lui en serais jamais assez reconnaissante. 

J'ai commencé, très doucement, à réapprendre à survivre de moi même et pour moi même. Je ne pouvais malheureusement pas subvenir à mes besoins financièrement, alors j'ai pris la décision de vivre dans un van pendant quelques temps, ce qui n'a pas fonctionné. Je n'étais pas assez à l'aise et entourée pour cicatriser. J'ai trouvé un moyen pour emménager dans une maison avec 40 autres personnes. Quelle bonne idée lorsque notre santé mentale fait des loopings, hein. Mes crises d'angoisses se sont multipliées et je n'avais toujours pas retrouvé confiance en moi ou espoir en l'avenir. J'y avais rencontré quelqu'un qui a eu confiance en moi pour deux, et m'a aidé à réapprendre à prendre soin de moi. Ensemble, nous avons quitté cette trop grande maison et il m'a poussé à m'occuper de ma santé mentale. Le jour de mon anniversaire, j'ai donc enfin été diagnostiqué bipolaire et j'ai été tellement soulagée. Je comprenais enfin cet aspect de moi tellement trouble jusqu'ici. C'était comme la pièce manquante de mon puzzle. J'ai donc commencé mon traitement et ma vie a pris un tournant. La tempête en moi s'est calmée, j'ai enfin pris le temps de penser avant d'agir et j'ai appris à avoir des priorités. 

Quelques mois très sombres sont passés et j'ai remonté la pente, enfin. L'esprit enfin clair, j'ai pu faire un point sur ma vie, me projeter dans le futur et réaliser que je n'avais rien à faire aux Etats Unis. Cette culture ne me correspond pas, et il est impossible pour moi d'être moi même dans un pays où je n'ai aucun droit en tant qu'individu. 

Alors j'ai pris la décision d'être enfin indépendante, d'avoir à nouveau des rêves et de rentrer à la maison. Je veux rencontrer les personnes qui me soutiennent, je veux vivre de mon art et créer des opportunités pour d'autres femmes de réaliser à leur tour leur potentiel. 

J'ai créé il y a peu Illustrate Like A Girl qui est une communauté grandissante pour les femmes et personnes non binaires qui dessinent, quelque soit leur niveau, afin qu'on grandisse ensemble et qu'on se soutienne entre nous. J'ai plein d'objectifs pour ce groupe donc en attendant, n'hésitez pas à nous suivre sur Instagram 

Prenez soin de vous, c'est important.


Entre deux articles, vous pouvez me retrouver



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3 commentaires

  1. Beaucoup beaucoup beaucoup d'amour je t'envoi et pleins de bonnes ondes pour ces beaux projets que tu lancent ♥

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  2. Je trouve ça hyper courageux d'admettre que tout n'a pas été rose, on a rarement affaire à l'envers du décor dans ce genre de grand voyage, souvent érigé comme le top du cool et de l'instagramable.
    Bon retour à la maison :)

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Merci pour ce petit mot !

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