Pourquoi j'ai arrêté de regarder du Porn?

4/16/2017




Bon, je pense qu'on est intimes depuis le temps. Si vous êtes gêné-e-s par le sujet de la sexualité ou si vous ne voulez tout simplement pas entendre parler de MON rapport à la sexualité, je vous invite à aller lire ma dernière recette de glace vegan (hyper bonne, selon les frétillements de mes papilles) ou aller jeter un oeil à mes dernières illustrations, visibles sur ma page Facebook.

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Je suis une personne sexuée et très ouverte là dessus. Le découvrir, apprendre mes désirs et mes limites est quelque chose qui m'a toujours beaucoup intéressé. Je me découvre au travers de mes rencontres charnelles et émotionnelles, de mes fantasmes, de mes lectures et discussions diverses. 
J'ai toujours été friande de stimulants sexuels. Qu'il s'agisse de récits, de supports auditifs ou visuels, j'en suis friande depuis bien longtemps. Je me souviens de la lecture de mes premières nouvelles érotiques, de mon premier film sur M6, et de toutes ces autres premières fois, si précieuses. La sexualité, c'est bien plus que la rencontre de deux corps. C'est un tout, et c'est avant tout une rencontre avec soi même. Une rencontre épanouissante, enrichissante et bienveillante. Et ce n'est pas grave si l'on n'en ressent pas l'envie. L'asexualité est bien réelle et fait partie intégrante de la sexualité aussi. Je vous invite d'ailleurs à vous tourner vers les vidéos de Antastesia sur le sujet. Je n'aborderai pas le sujet moi même, n'étant pas concernée.
C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers une visualisation de vidéos pornographiques il y a bien longtemps, dans une recherche de supports masturbatoires. Comme tout le monde, j'ai passé des années à taper mes envies du moment sous forme d'une succession de mots clé dans la barre de recherche des sites de streaming spécialisés dans le porn gratuit. Et comme beaucoup, je passais plus de temps à chercher une vidéo qui me plairait plutôt qu'à la regarder. 
C'était donc avec une certaine fierté que je cliquais sur le Saint Graal après une quête longue et frustrante, prête à me retrouver enfin avec moi même. Je ne m'étais jamais vraiment posé la question de ce que ce clic aux allures si anodines impliquait réellement.
Ce que j'aime dans le porn, c'est tout d'abord quelque chose de très primitif. J'aime avoir accès à une image concrète de ce qui m'excite, et je suis plutôt exigeante à ce sujet. Ensuite, j'aime la diversité que je peux y trouver, j'aime regarder des gens balancer la pression sociale d'un revers de la main pour atteindre leurs objectifs. Ces gens ne s'auto manquent jamais de respect, quelles que soient les pratiques ou les conditions de travail qu'iels acceptent. Le manque de respect, lui, vient de la société, de ceux qui les jugent au travers de leurs propres limites, et surtout de ceux qui les exploitent.
S'il est rare que je trouve du porn qui me correspond, c'est justement à cause des conditions de travail, revues à la baisse à chaque clic sur ces sites de l'angoisse. 
J'ai enfin affronté ce que je refusais de voir depuis tout ce temps: le porn en streaming gratuit participe à l'exploitation des travailleur-euse-s du sexe de bien des façons et a un impact conséquent sur leur carrière, leur niveau de vie, la possibilité d'atteindre leurs objectifs, leur sécurité. Ces révélations brisaient doucement mais sûrement la raison pour laquelle j'affectionnais tout particulièrement cet univers. En effet, moi qui ai toujours vu les actrices comme des femmes de pouvoir, je réalisai que je leur arrachais cette fameuse puissance à chacun de mes clics.
On ne peut pas réellement apporter notre soutien gratuitement à des professionnels quel-le-s qu'iels soient. En accédant à leurs services au frais de la princesse, on participe directement à leur précarité (je tournerai sûrement une vidéo à ce propos, si ça vous intéresse).
C'est avec fierté que je m'auto labelle féministe pro sexe depuis plusieurs années maintenant, et participer à cette oppression était à l'encontre des choses pour lesquelles je me bats.

Pour en savoir plus sur ce sujet très intéressant, je vous invite à regarder Pornocratie d'Ovidie, qui est un reportage très clair et concis.

Oui, mais alors on fait quoi sans Streaming gratuit ?

Pour celleux aux budgets les plus serrés, on réapprend à imaginer, on se souvient de moments qui ont su nous exciter, on se touche et on laisse notre esprit partir en roue libre. C'est un exercice compliqué lorsque l'on repart de zéro, c'est certain. Mais c'est pour la bonne cause et je suis sûre qu'on peut tous le faire. Gagner en imagination est finalement un bien pour un bien, non? 
Pour celleux qui ont un petit budget à accorder à ce plaisir solitaire, des sites fabuleux proposent des abonnements mensuels (à ne pas partager avec les copaines, histoire d'être respectueux).


Fourchambers, entre le projet artistique et le projet érotique, saura alimenter votre imagination tout en suggestion. Je pourrais parler de Fourchambers pendant des heures, mais je vous laisserai jeter un oeil, leurs teasers parlent d'eux même. Sachez que c'est du porn esthétique, étique et fantastique.
Pour $9 par mois via leur Patreon, vous avez accès à toutes leurs superbes vidéos.

Les Cam people
Iels vendent souvent des vidéos à l'unité via leur Patreons ou leurs comptes cam/Manyvid. C'est un bon moyen de rémunérer directement la personne pour son travail. Vous pouvez aussi les tiper pendant leurs shows. C'est la moindre des choses. N'allez pas à la recherche de la cam girl la moins chère mais celle qui vous séduira de par son univers et sa personnalité. 

Il y a évidemment pleins d'autres plateformes prévues à cet effet, mais celles ci étaient celles dont je tenais tout particulièrement à parler dans cet article.

* L'illustration est de moi et est directement inspirée d'Holly Beth, une amie travailleuse du sexe dont je vous parlerai bientôt par ici, tant elle est intéressante et inspirante *


Entre deux articles, vous pouvez me retrouver



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