Trump, tu n'es pas le bienvenu.

11/09/2016



Lorsque je suis arrivée aux Etats Unis, je n'y connaissais pas grand chose concernant leur politique intérieure. Je savais que Bush était con, et qu'Obama était plutôt cool. Je ne m'intéresse que peu à ce qui ne m'intéresse pas, et les Etats Unis étaient bien loin d'avoir mon attention. Je suis arrivée avec l'idée très méprisante que l'Américain de base était particulièrement stupide. Puis je suis restée, et j'ai prêté une oreille attendrie à Bernie Sanders. J'ai été conquise à la minute où j'ai constaté qu'il avait conscience de l'oppression que subissent les minorités, qu'il considérait les gens comme des personnes, et qu'il avait conscience que les Etats Unis avaient besoin d'un grand changement. Autour de moi, on l'acclamait et ne jurait que par lui. Alors j'y ai cru, jusqu'à la fin du premier tour. J'ai eu le coeur brisé lorsque Hillary s'est retrouvée à la tête du parti. Elle et son féminisme bourgeois étaient bien loin de ce dont l'Amérique avait besoin, pour être honnête. Mais c'était mieux que rien. Mieux qu'un monstre à la tête de l'actuelle plus grande puissance mondiale, représentatif de l'état d'urgence dans lequel notre société se trouve présentement. Alors, sans crier son nom trop fort, et en gardant Bernie tout contre mon coeur, j'ai parlé autour de moi de l'importance de voter si toutefois on croit en la démocratie telle qu'elle est.

Je n'ai jamais vu Trump comme le vainqueur potentiel de ces élections. 
Hier soir, c'est donc amusée que j'ai dessiné des Bingo Elections, afin de rendre ces élections un peu plus excitantes que je ne les pensais. En effet, je voyais la chose bouclée en un temps record. Je n'imaginais pas une seule seconde une autre issue qu'une victoire écrasante de Clinton. C'est avec légèreté que j'ai allumé la TV de l'hôtel dans lequel je suis actuellement. Légèreté qui s'est sournoisement éclipsé lorsque j'ai réalisé que la Floride avait choisi un camp bien plus sombre que celui espéré. La descente aux enfers avait commencé. 
J'ai pleuré. Tant pleuré. Je ne voulais pas y croire mais c'était pourtant là, devant moi. Les américains ont voté. Ou du moins, ceux qui l'ont fait on tranché : ils préfèrent être dirigés par un dangereux personnage sans expérience, stupide et oppressif plutôt que pour une femme. Les américains préféraient suivre un homme dangereux dans un mur plutôt que de stagner avec une femme.
Hier soir, les USA m'ont confirmé qu'ils étaient racistes, homophobes, transphobes, sexistes, et tant d'autres choses. Ils ont voté pour la suprématie blanche, pour la mauvaise caricature d'Adolf Hitler. Je les ai vu brandir le bras en rythme lorsqu'il a débarqué sur la scène, et hurler qu'il fallait tuer Obama. On en est là. Je vis dans cette réalité.
Ma première pensée est allée à la communauté de SkidRow (google si tu ne connais pas) et à tous ces gens qui s'apprêtent à voir leur vie devenir encore plus cauchemardesque qu'elle ne l'est déjà. Parce qu'ils sont nombreux, les non "hommes cis blancs hétéro", aux quatre coins de ces Etats fachos. 
J'ai pensé aux droits sociaux, si lentement acquis et encore brinquebalants, qui sont à l'aube de leur dissolution.
Je vois déjà l'avortement passer à la trappe, accompagnant à contre coeur la sécurité sociale.
Je vois les femmes craindre encore plus pour leur sécurité, que ce soit sur leur lieu de travail, ou à l'extérieur; leurs agresseurs étant protégé par un dirigeant qui nous voit comme du bétail. 
Je vois les Mexicains se faire violenter par ces supporteurs angoissants, qui pensent sincèrement que c'est la réponse à tous leurs problèmes. 

Le monde, comme un petit animal apeuré, essaye de réagir de façon impulsive à ce qui se prépare. On n'arrive pas encore à mettre de mots dessus, probablement trop terrorisés, mais c'est dans l'air. On le sent. Alors ça mène à des Brexit et des Trump, parce qu'ils promettent de s'occuper du peuple effrayé et non informé. L'individualisme a une place de choix dans les situations d'urgence. Comme un instinct primaire, incontrôlable, qui prend le dessus sur tout le reste. On suit le premier qui s'auto proclame leader, c'est pas nouveau.

Dans un sens, il est trop tard pour mon pays d'adoption. Le mal est fait, les électeurs ont parlé.
Mais j'ai toujours cru que le vrai pouvoir était entre nos mains, que soudés, on était capable du meilleur. 
Alors mettons nous à l'oeuvre, serrons nous les coudes, lions nous contre l'oppression, éveillons les consciences, faisons passer le message, luttons pour l'environnement, protestons, ne baissons pas les bras, protégeons nous les uns les autres, créons, n'ayons pas peur de ne pas être d'accord, quelle que soit la façon.
Montrons nous solidaires avec les musulmans et mexicains qui vont voir leur sécurité être menacée d'ici peu. Interposons nous lorsque l'on est témoin de violence ou d'oppression. Utilisons nos privilèges quelqu'ils soient pour aider comme on le peut. Ne nous taisons pas, ne laissons pas faire. 

Faisons que Marine, Sarkozy, Valls et Juppé ne passent pas en 2017, éduquons autour de nous, en fonction de nos possibilités. Oeuvrons ensemble, proposons des choses, et on minimisera la casse.




Entre deux articles, vous pouvez me retrouver



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1 commentaires

  1. Réveil difficile aujourd'hui, un choc tout aussi rude, une surprise bien amère. Je n'aurais jamais imaginé une telle issue à ces élections improbables. Jamais. En me couchant hier soir je me disais : une femme présidente à la tête des Etats-Unis ? Comme quoi. Mais non. On n'avance pas décidément, on recule, on revit ces années si sombres contre lesquelles nous continuons de lutter chaque jour. En vain. J'ai peur pour la suite, peur pour ces élections française à venir, les années qui arrivent. Tout est possible, et pas le meilleur.

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