1 an aux States : le Bilan

9/27/2016



Il y a un an de cela presque jour pour jour, j'embarquais seule au bord d'un avion en direction de Los Angeles. 
Ce voyage me reflettait plutôt bien : rigolo, stressant et pas très organisé. 
Pour célébrer ça, j'ai décidé de faire un bilan de cette année passée en répondant à vos multiples questions.



- Pourquoi es tu partie?
En 2015, j'ai, sans trop le réaliser, pris la décision de dire oui à tout ce qu'on me proposait, dans la limite de mes envies. J'avais prévu de prendre une petite pause dans un nid douillet dans la jolie ville de Lyon avec une amie en septembre de cette même année. Jusqu'à ce qu'une autre copine m'appelle et me propose de partir avec elle me faire un peu d'argent d'une façon assez marrante -et pas super légale- en Californie.  C'était censé durer 3 mois et commencer quelques semaines après cette annonce. Forcément, j'ai dit oui. Je n'avais ni passeport, ni bases en anglais, ni la moindre idée de ce qu'étaient les States. En effet, je n'avais jamais été particulièrement intéressée par cette partie du globe. Finalement, l'amie en question s'est éclipsée du projet, pour raisons personnelles. J'ai trouvé un autre acolyte à rejoindre là bas. Vu le niveau d'organisation frôlant les fonds marins, on a réalisé après validation de l'achat des billets qu'on n'atterrissait pas dans les mêmes villes. Je suis donc partie vraiment à l'arrache, quelques sous et un dictionnaire "Anglais/Français" en poche.
Los Angeles n'était censé qu'être une escale d'une semaine, avant de partir à l'aventure sur les routes de Californie. 
Mais le destin en a apparemment voulu autrement..






- Je suppose que tu as eu un moment d'hésitation? Si oui, qu'est-ce qui t'as décidé à partir exactement? Qui a effacé tous les arguments "rester"?
J'ai eu mille moments d'hésitation. Avant de partir, bien que je ne savais pas encore ce qui m'attendait, au moment de la décision de prolonger mon séjour à Los Angeles, et lorsqu'il a fallut prendre la décision de m'installer ici.
Tout d'abord, j'étais apeurée de quitter le pays, prendre l'avion seule (bien que je ne sois pas atteinte d'aérodromophobie ), et passer une semaine dans un endroit où je ne comprenais absolument pas le langage. Mais j'étais heureuse de réaliser ce projet, ne serait que par fierté personne, et par goût de l'aventure.
J'avais à peine eu le temps de poser mes valises dans l'auberge lorsque j'y ai rencontré Brian. Bien que nous ne parlions absolument pas le même langage, nous nous comprenions. Il ne m'aura fallut que quelques heures en sa compagnie pour n'avoir que lui en tête. Alors, n'écoutant que mon cœur - comme à mon habitude - j'ai décidé de rester un peu plus longtemps à Los Angeles, afin de voir où cette histoire nous mènerait. C'était assez inquiétant, je plongeais à pieds joints dans l'inconnu. J'étais dans cette auberge, que je ne pouvais pas vraiment m'offrir, et je renonçais à l'argent que j'avais prévu de gagner initialement, et donc aux projets qu'il était censé m'aider à réaliser (aller faire du bénévolat au Costa Rica, pour ne citer que celui ci). On était tous deux un peu confus, n'ayant pas vraiment eu l'occasion de parler de cette situation. Puis, après un mois, j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes, lui expliquer mon point de vue, et lui ouvrir mon cœur à base de "bon, voilà ce que je ressens, si c'est pas réciproque ça me va, mais j'aimerai le savoir pour choisir ce que je fais ensuite". Il a donc été tenté par l'idée (qui ne le serait pas ? je suis précieusement fabulous, comme on le sait tous), et on s'est lancé, main dans la main. 
Très vite est venue la question du "hey dis donc, c'est que la date de fin de Visa approche à grands pas et qu'on se kiffe bien, hein ?" et puis de fil en aiguille, on a décidé de se marier, afin de ne pas laisser ces conneries de frontières décider du destin de notre histoire. Ce n'était pas une promesse d'éternité à deux, mais un désir partagé de mettre toutes les chances de notre côté.
Je dois avouer que l'angoisse de cette décision résonne très régulièrement dans un coin de ma tête. En effet, ça fait maintenant un an que je n'ai pas vu ma famille ou bon nombre de mes amis, je n'étais pas là pour lutter ou pleurer à vos côtés pendant toutes les épreuves que la France a vécu depuis mon départ, je ne peux pas retourner en France ou travailler avant validation de ma carte verte, mon chat me manque, les rues pavées, les terrasses enfumées, et tellement d'autres choses. Je ne m'étais pas préparée psychologiquement à ce long au revoir, et tout le temps libre dont je dispose m'aide à m'en souvenir assez régulièrement. 



- Comment et pourquoi tu as choisi Los Angeles?
Los Angeles n'est honnêtement pas la destination que j'aurais choisi de moi même, et ce pour énormément de raisons. Je rêve secrètement de Portland, de New York, New Orleans, San Francisco etc. Mais déménager loin n'est pas à l'ordre du jour pour des raisons personnelles, alors j'apprend la culture américaine depuis mon Rooftop, et je profite de la chance que j'ai, quand je ne suis pas trop capricieuse, en attendant de prendre un nouveau départ à Long Beach dans quelques mois.




- Tu fais quoi pour gagner ta vie? Si tu as un boulot autre que artiste trop chouette : est-ce que tu l'avais trouvé avant? Ou une fois sur place?
Comme annoncé plus haut, je ne peux malheureusement pas travailler sur le sol américain pour le moment, et j'essaye de ne pas trop jouer avec le feu en travaillant illégalement ici, afin de ne pas me faire virer à coups de pieds au cul. Du coup chaque commande de mes adorables client-e-s français-es me donne une vraie bouffée d'air frais et met du cream cheese vegan dans mes épinards !




- Est-ce que tu as mis beaucoup de temps avant de te sentir "chez toi"?
A vrai dire A vrai dire, je ne suis pas sûre de pouvoir à l'heure actuelle dire que je me sens chez moi. J'ai encore tellement à apprendre de la culture, tant d'habitudes à prendre, de choses à découvrir, de repères à construire. Il y a bien cette petite brasserie Française au coin de la rue qui me permet de souffler un peu, mais entre nous, c'est un peu tricher. Il y a aussi Long Beach (dont je parlais dans "Long Beach, California") qui s'avère me faire me sentir tellement à l'aise, bien que ce soit trop loin de la maison pour que je puisse me permettre d'y aller aussi souvent que je souhaiterai. 
Par contre, il est vrai que finalement, après mille péripéties - que tu as certainement suivies si tu me suis sur Twitter, mon appartement a enfin un air de "comme à la maison", et ça, ça me fait un bien fou !



- Est-ce que maintenant tu te considères complètement bilingue? Tu as mis combien de temps avant de te sentir vraiment à l'aise pour parler avec des gens et tout?
Je dirais non, malheureusement. Lorsque je suis arrivée, je ne parlais quasiment pas anglais, je bafouillais et m'emmêlais les pinceaux même pour les bases. Il m'a fallut apprendre quasiment tout ce que je sais. Tout d'abord, j'ai encore besoin d'un temps d'adaptation pour certains accents, regarder des vidéos sans sous titre me demande toujours beaucoup d'énergie (moins ce que je pense, mais quand même), mon écrit reste hasardeux (bien que je constate une nette progression de semaines en semaines), puis mon accent reste prononcé, particulièrement sur les mots que je ne prononce que rarement. Ensuite, il est vrai que je pense en anglais, et que j'ai étrangement tendance à être plus assurée en anglais qu'en français.. En gros, bien que je sois très à l'aise avec l'anglais, il me reste pleins de choses à apprendre (et heureusement, sinon je m’ennuierai !). Mais si tu veux en savoir plus sur mon expérience à ce niveau là, j'en ai parlé il y a quelques temps dans : "Voyage et langage".



- Est-ce que tu avais des contacts là-bas avant de partir? Si oui : en quoi ça t'a été utile? Si non : est-ce que ça t'aurait aidée?
Pas du tout. Je crois que j'ai été capable de situer Los Angeles sur une carte à peine une semaine avant de décoller, c'est pour te dire à quel point je n'étais absolument pas préparée du tout du tout. Je suis ravie d'être arrivée sans repères, ça m'a beaucoup aidé à me faire violence et ne pas me cacher derrière qui que ce soit.  J'ai pu vivre ma propre expérience, à mon rythme, avec toute la liberté que je me suis accordée. Après, il est vrai que le petit groupe que j'ai rencontré à l'auberge a été un merveilleux pilier pour moi, et mes amis les plus proches ici à l'heure actuelle proviennent de là. Et ça me fait du bien de croiser des français, parfois, afin de pouvoir balancer des références culturelles sans avoir à expliquer le pourquoi du comment.



- Quelles ont été tes bonnes surprises et tes déceptions?
Ma meilleure surprise culturelle a probablement été lorsque j'ai constaté que les Etats Unis étaient sidérés par l'interdiction (temporaire) du Burkini en France. C'est à ce moment là que j'ai enfin arrêté de les regarder avec un air snobe. J'ai aussi beaucoup apprécié de constater que passer le permis ne me coûtera que 3francs 6sous ici.
Pour les déceptions, j'en ai eu un sacré paquet (les conditions de travail en étant une assez conséquente, ainsi que l'existence de SkidRow, et le manque d'implication dans l'environnement à Los Angeles, par exemple).


- Est-ce qu'il y a des choses que tu aurais aimé savoir avant de partir?
Probablement parler anglais. Et j'aurai aimé savoir que je m'y installerai, afin de me préparer psychologiquement et dire un vrai aurevoir à la France et à mes proches (et aux pâtisseries).



- Est-ce qu'il y a des choses qui te manquent? (La sécurité sociale et le fromage?) Comment tu gères ça?
Les sojasun. Mon dieu où sont les Sojasun ? Les américains ont des livraisons Amazon en 2h top chrono, mais ils ont pas de Sojasun. Le fromage de chèvre m'a longtemps manqué, mais dans un soucis d'évolution vers le véganisme, j'ai décidé de le retirer de mon alimentation, du coup je me suis dit que les States étaient l'endroit parfait pour cette étape de ma vie. Les terrasses de bar où il est possible de fumer sans que personne te juge, oh mon dieu. Ici - à LA en tout cas - la cigarette est relativement mal vue (ce qui n'est pas un mal en soi) et du coup, je dois toujours réfléchir mille ans avant d'en griller une -mais je réalise que j'arrête doucement de fumer, alors je ne vais plus m'en plaindre bien longtemps, si tout se passe bien.


- Les plus gros changements ?
J'ai vraiment la sensation d'être dans une autre dimension, aux détails changeants subtils mais évidents et dérangeants, comme dans 'Sliders, les mondes parallèles'. Les changements ne sont donc pas très conséquents, c'est juste... étrangement différent.  



- Est-ce que tu prévois de rentrer un jour ou est-ce que tu veux faire ta vie là-bas?
J'avoue ne pas être quelqu'un qui se pose trop de questions sur l'avenir, du coup, je n'ai pas la moindre idée d'où je finirai. Toujours est il que je ne suis pas prête à revenir m'installer en France pour le moment, mais que j'ai hâte de partager mon pays et mes souvenirs avec Brian, durant des vacances plus ou moins prolongées dans l'hexagone !



Ce qui te fait craquer que tu ne trouves pas en France ?
Les serveurs chaleureux ? Même si c'est dans le but de mériter son pourboire, ça fait toujours du bien d'arriver dans un endroit où les gens ne tirent pas la gueule. 
Les chiens partout !! Ca, c'est vraiment cool ! D'en voir dans tous les coins, et d'avoir la possibilité de prendre Merle avec moi où que j'aille !



Est ce qu'ils ont du bon pain ?
Nope. Non. Vraiment ? Non. Non. Non.
Mais ils pensent que oui. Alors on va pas les brusquer.
Non.


Quels endroits as tu préféré dans ceux que tu as visité aux Etats Unis ?
Je suis tombée folle d'amour pour Détroit -bien que je veuille en voir plus pour confirmer ce coup de foudre, San Francisco, Sequoia National Forest, Death Valley et Long Beach. Chicago a l'air foutrement cool aussi, mais merde, qu'est ce qu'il y fait froid !
Las Vegas m'a par contre laissé un mauvais arrière goût ! Bien que j'étais en super compagnie, je n'ai pas aimé l'ambiance malsaine qui embaume la ville. 


Pour les questions plus politiques et sérieuses (concernant la sécurité sociale, les élections en cours, etc), je préfère les réunir dans un prochain article, si ça ne vous gêne pas ? 



Entre deux articles, vous pouvez me retrouver



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1 commentaires

Merci pour ce petit mot !

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