En quoi suis je chanceuse ?

3/23/2016


Temps de lecture : 7 minutes


Comme toi, je vis dans une société au fonctionnement pyramidal, en terme de privilèges et donc de facilités. Ce qui implique que oui, certaines vies sont bien plus faciles que celles de beaucoup d'autres humains. Absolument pas par question de mérite mais avec des prétextes archaïques : couleur de peau, genre, nationalité, métabolisme, classe sociale d'origine, etc. 


Avant toute chose : cet article s'adresse à un public large et n'est absolument pas une introduction à l'univers fascinant de la sociologie. Je n'ai pas les capacités de me prétendre assez calée sur le sujet pour parler de façon plus officielle que par l'angle de vue maladroit de mon simple ressenti.

Qu'est ce qui décide des critères de sélection pour être privilégié ?
Les erreurs du passé, pardi. 

Qui est ce qui en pâti ?
Certainement pas les privilégiés, pour sûr. 

Aujourd'hui, j'ai envie de me rappeler, avec toi, de ce qui fait de moi une privilégiée. Des cases Bonus qui ont été cochées à ma naissance, complètement par hasard et qui ont un impact direct sur mon quotidien. Je n'ai pas envie de m'en souvenir pour me sentir mieux dans mes baskets, mais pour me souvenir que je n'ai pas mérité ce confort et qu'il est de mon devoir de lutter pour les minorités oppressées, qu'il est temps d'arrêter de me caresser amoureusement le nombril et que c'est le moment idéal d'ouvrir les yeux sur l'extérieur.

Je suis blanche.

Je n'ai pas à subir de racisme, de discrimination à l’embauche, ma couleur n’interfère aucunement dans mes relations sociales, dans ma recherche d'appartement ni dans la confiance que les gens m'accordent. 
Je n'ai jamais choisi d'être blanche, et il m'a fallut un certain temps pour réaliser que je l'étais. C'est un luxe de ne même pas avoir conscience de sa couleur de peau dans la société dans laquelle on évolue. 

Je suis plus ou moins cisgenre. 

Ce qui signifie que mon genre assigné à la naissance, mon corps et mon identité coïncident. Bien que j'ai beaucoup de mal avec l'idée de genre binaire qui règne sur notre société depuis la nuit des temps (mais c'est une autre histoire sur laquelle je me pencherai lors d'un prochain article), je n'ai jamais eu à subir d'oppression ou de conflit intérieur dus à la non harmonie de mon sexe et de mon genre. 

Je suis française.

J'ai grandi (et surtout je suis née) dans un pays où, malgré un bon nombre de combats importants restant à mener, il fait bon vivre et où l'humain n'est pas complètement oublié. Je n'ai jamais vraiment compris en quoi le territoire de naissance pouvait avoir autant d'importance, mais il en est ainsi. 

J'ai des amis fabuleux.

Des gens merveilleux qui ont choisi de faire de moi un bout de leur vie, qui me supportent et m'aiment au quotidien. J'ai la chance de partager des moments, idées, débats, émotions intenses avec chacun d'entre eux, et ils font de mon quotidien ce qu'il est. Alors oui, parfois ils sont chiants, agaçants, illogiques, un peu fous, pas assez, et toute la ribambelle de bizarreries qui peut suivre, mais c'est comme ça que je les aime, et c'est comme ça qu'ils m'aiment. 

J'ai une famille.

Alors oui, comme dans toute famille, il y a des hauts et des bas, mais j'ai une famille au complet.

J'ai accès à l'information.

Je vis à une époque où l'information est à portée de main. J'ai le choix de savoir ce qu'il se passe à l'autre bout du monde, ou de me perfectionner dans un domaine en un clic, grâce à une connexion internet correcte et des outils convenables. 

Je mange à ma faim.

Alors non, je ne me fais pas des tartines de caviar au réveil, je n'ai pas vraiment les finances pour me faire des orgies de bouffe, mais mon ventre de gargouille que très rarement.

Je n'ai pas de problème de santé particulier.

En effet, pour le moment, je n'ai aucun soucis de cet ordre qui rendrait ma vie plus compliquée, et j'ai la possibilité de me soigner en cas de nécessité.

J'ai un toit sur la tête.

Et des murs, et un lit confortable dans lequel dormir. Des plantes autour de moi, des jolies culottes à me mettre sur les fesses, un placard dans lequel les ranger, 



Me souvenir de toutes ces cartes que j'ai en main et qui font de moi quelqu'un de chanceux me rappelle que tout le monde ne possède pas le même jeu. Oui, bien que parfois, il y a des coups bas, des coups durs, des coups de mou, notre vie reste bien plus facile que beaucoup d'autres. Tendons la main au lieu de pointer du doigt. Se renseigner inlassablement, se souvenir, encore et encore, combattre et profiter au minimum de ces privilèges, peut être un bon début. Mais surtout, surtout, ne pas faire subir d'oppressions aux moins chanceux, s'il vous plait. Parce que c'est un fait, les oppressions existent au quotidien, vraiment. Et ne pas y penser ne résout absolument pas le problème.  

Ne pas juger quelqu'un sur sa couleur de peau, sa situation sociale, son genre, sa sexualité, etc. est une nécessité. Faire partie d'une minorité oppressée socialement est déjà une lutte quotidienne, n'empirons pas les choses. Agissons, communiquons, débattons, luttons, soyons fiers de nos convictions, et ne baissons pas les bras. 

Et toi, en quoi te sens tu chanceux ? En as tu conscience au quotidien ? 

Entre deux articles, vous pouvez me retrouver



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4 commentaires

  1. Tout le monde n'a pas l'esprit aussi clair que toi, quant à sa situation, à sa chance. Tu as trouvé les mots juste pour qualifier notre situation, pointer du doigt un privilège qu'on pense n'être qu'une "normalité". Mais tous le monde n'a pas cette chance.C'est quelque chose qu'il ne faut pas oublier. ET surtout, ça amène à l'indulgence, à la compréhension d'autrui.

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  2. Ton article tombe vraiment à pic et me remonte le moral :)
    Malheureusement, je pense qu'on oublie vite "notre chance" parce qu'on ne la considère pas comme telle, mais plutôt comme un acquis, quelque chose de normal : "Je n'ai pas choisi de naître ici." comme on dit.

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  3. Mis à part les problèmes de santé je suis tout aussi chanceuse que toi. Ça fait du bien ce genre d'article, j'ai tendance à me plaindre souvent pour des futilités et ça remonte un peu le moral de se rappeler que oui, j'ai tout de même beaucoup de chance. Merci.
    Bisous jolie Flavie ♡

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  4. Tu as tout à fait raison. J'ai eu le même raisonnement avec mon copain il y a quelque temps suite à une série de grosse maladie dans notre entourage. On s'est rendu compte qu'on a de la chance au moins d'être en bonne santé et de s'aimer, même si on a galéré au niveau du taf et du coup un gros manque d'argent et de l'angoisse au quotidien. Finalement ce n'est que du matériel. Ce rendre compte de nos chance est important pour avancer.

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Merci pour ce petit mot !

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