13-11-2015

11/15/2015



Sommeil agité et entrecoupé. 
Matinée intense émotionnellement. 
Je me recouche et m'assoupie. 
Ouvre un oeil pas vraiment convaincu, empoigne lentement mon téléphone. 


BIM. 

On m'annonce des actes de Haine éclatés sur Paris.
Une partie de mon coeur s'éclate sur le sol chaud de Los Angeles, malgré le fait que j'ai tant de mal à réaliser. 
J'ouvre Twitter, mon fidèle compagnon en terme d'actualité en direct, tentant d'éviter les vidéos et les témoignages intrusifs. Je m'effondre un peu plus à chaque découverte. Les larmes restent bloquées, mais je me sens désormais si vide... 
Je pense à mes proches, réalise qu'ils sont peut être en danger. Panique. Tente de les contacter via les réseaux sociaux. La plupart me répond rapidement. Je relâche quelque peu la pression... Puis je commence à réaliser la situation, à m'imaginer ce que doivent ressentir les parisiens dans les rues, les otages du Bataclan, les spectateurs au Stade de France, et tous les autres endroits attaqués. Je ressens leur terreur. Je me sens si loin de la ville qui m'a vu grandir, si impuissante face à toute cette douleur. J'ai mal pour les apeurés, pour les touchés, pour les décédés, leurs proches... Tous ces gens fraîchement brisés, par la plus grande des injustices. 
Forcément, de nombreux flashs back me ramènent à Janvier. Ma douleur augmente. Pourquoi tant de Haine ? Qu'existe t il de si important pour justifier tant d'horreur ? Comment peut on briser tant de vies avec autant de légèreté ? Pourquoi encore ? Pourquoi tant d'innocents ? 
Je suis de ces utopistes un peu idéalistes qui bien que conscients de la réalité ne veulent pas se résigner, ne veulent pas y croire, et ne comprennent pas. 

Pour la première fois, je n'ai pas envie de rassurer mes proches en leur disant de continuer leur vie comme si de rien était en restant fort. Pour la première fois, je leur conseille de rester à l'abris chez eux. Pour la première fois, je suis effrayée de les imaginer blessés, de les penser appartenant au passé. J'ai peur, je suis effrayée, angoissée, tremblante, larmoyante. Je suis en deuil.
Ils ont gagné. Ils m'ont eu. Ils m'ont touché, et m'ont fait couler. 

Je me laisse guider par des gens bienveillants autour de moi, prends une pause, me change les idées, ris à gorge déployée, aime, jouis, embrasse, profite à outrance d'un instant précieux, de cette bulle en dehors du temps. 

Je suis si loin, au milieu d'une ville qui ne peut que tenter de deviner mon émotion. Et j'aimerai claquer des doigts, errer dans les rues glacées témoins de tant d'effroi, me retrouver auprès des miens, les serrer dans mes bras, les toucher, me raccrocher à cette réalité. J'ai la merveilleuse chance de les savoir intacts. 
Je puise donc au fond de moi ce positivisme pour lequel j'ai tant lutté. C'est dur, mais pas impossible. Je me souviens que la vie est précieuse et qu'elle mérite d'être croquée à pleine dent, qu'on a pas le temps pour la peur et la haine. 
Je me rappelle qu'en tant que simples petits humains, nous ne pouvons lutter qu'avec la plus superbe des armes : l'Amour. Alors aimons, réunissons nous, pardonnons, reconstruisons, rions, sortons, et aimons encore. Mais n'oublions pas, jamais. N'oublions pas comme la Haine peut tout dévaster sur son passage. 

Prenons garde, la Haine grandit à nos portes, sournoisement dissimulée sous le masque de l'Amalgame, nourrie de la peur et de la rage. Elle se tient prête à s'immiscer dans nos coeurs, impatiente de creuser des fossés entre chacun d'entre nous. Ne la laissons pas faire. Ne soyons pas dupes. Tenons nous la main, sourire aux lèvres, têtes hautes. Ne lâchons pas. Déterminés. Ne laissons personne se faire avoir. Aucun musulman n'a à se justifier quand à l'immondice de cet acte. La religion n'est qu'un masque parmi tant d'autres parfois emprunté par la Haine. L'Islam n'est pas une communauté de Haine et ne le sera jamais. Alors tenons la main à tous les Musulmans et prenons soin de leur faire savoir que nous avons conscience qu'ils sont des victimes, au même titre que chacun d'entre nous. Dressons nous face à l'Islamophobie, défendons nos amis, nos voisins, les inconnus croisés une fraction de seconde, des injustices à venir, ne laissons pas la haine gagner, et luttons pour un monde plus sûr pour chacun d'entre nous. 

Je pense à chacun d'entre vous, avec tendresse et espoir. Je pense à un lendemain plus sûr et plus heureux. Je pense à tout l'amour que nous échangeons et continuerons d'échanger. Je pense à tout ce que nous sommes capables d'accomplir, ensemble et individuellement. Je pense au futur qui s'annonce bien plus heureux que le présent, si nous y croyons et luttons pour au quotidien. 
Le changement, c'est nous, et c'est maintenant. 
"Car changer le monde commence par se changer soi même"

Ma plus grande tendresse va aux proches ou moins proches des victimes touchés par cet événement. 

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1 commentaires

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