J'ai testé pour vous : Partir à la conquête de sa propre vie.

9/14/2015




Oui, ce titre est prétentieux.

Comme le prouvent les archives de ce blog, je ne suis pas tout à fait ce qu'on pourrait qualifier de sédentaire. En effet, depuis Décembre 2014, j'ai décidé de voir ce que me proposait la vie, loin du confort des œillères qui ne me correspondaient pour ainsi dire pas vraiment.
J'étais en couple avec quelqu'un de fabuleux, puis j'ai fini par me perdre dans cette relation, dans cette surprotection, et c'est cachée sous ma couette, terrorisée, que je regardais mes peurs grandir peu à peu, sournoisement. 
J'ai loupé des opportunités d'emploi parce qu'il fallait rappeler, ce qui sous entendait affronter mon ennemi : le téléphone; séché des mois de cours parce que je devais me confronter au regard des autres; développé une Triskaïdékaphobie (peur du nombre 13) handicapante, n'ai créé quasiment aucun lien dans une ville aussi chouette que Nantes, parce qu'il fallait sortir, ai arrêté la photo au premier bâton dans les roues. 
Je ne suis pas cette personne là, cette apeurée qui regarde sa vie passer, inerte. J'ai toujours eu certaines angoisses, plus ou moins   rationnelles, mais je ne les ai jamais laissé me ronger à ce point. D'habitude, je vis deux fois plus lorsqu'elle surgissent, comme un enfant qui chante trop fort pour ne pas entendre des remontrances. Mais là, j'étais dans ce lit, sous cette couette, à les regarder me terroriser, et à ne rien pouvoir y faire.
Puis un jour, la rupture inévitable a pointé le bout de son nez, et m'a fait revoir toutes les fondations de la vie que je menais. Je ne pouvais pas rester ce petit koala agrippé à l'homme que je devais laisser partir. Je devais réapprendre à marcher seule, et ça voulait dire affronter ces putains de peurs




Un des points forts dans notre désaccord avec cet homme, c'était mon besoin d' "instabilité". Ces histoires de CDI, projets en commun, et routine, bien que je rêverais d'y croire, ça m'emmerde. Profondément. C'est aux antipodes de mon épanouissement personnel. Mais j'ai passé deux ans à essayer de me convaincre que j'étais cette monogame rangée. J'ai essayé de me l'enfoncer dans le crâne pour faire plaisir à mon entourage, et pour ne pas laisser passer cet homme merveilleux qui partageait ma vie à ce moment là. Alors j'ai rangé ma libido et mes envies d'ailleurs, pour y croire. Tant bien que mal. Je pense que j'étais la seule à être plus ou moins dupe de cette supercherie. 
Une fois cette rupture annoncée, je me suis retrouvée seule, face à mes immenses démons, à ne pas savoir qu'en faire. En ayant bien conscience que les abandonner sur l'autoroute n'était malheureusement pas une solution.




Alors j'ai pris quelques affaires, et je suis allée les affronter, sur le chemin de la vie. Ca n'a pas été évident, les premiers temps. Je ne savais pas bien me situer, je ne savais pas bien qui j'étais, et encore moins ce que je faisais. J'ai d'abord traîné des pieds à Paris, d'apparts en apparts, sans forcément de but. Plus je disais que je voulais m'y construire une stabilité, plus ça me tétanisait. Mais je n'arrivais pas bien à m'écouter. Sans le sous et pas très confiante, j'essayais plus de ne pas trop déranger que de me poser les bonnes questions. Me retrouver seule relevait du luxe, et je craquais souvent. J'avais encore beaucoup de mal avec ce manque total de repères, j'étais passée du statut de Monogame Bien Rangée à celui de vagabonde qui se découvre Polyamoureuse. Tout se chamboulait dans ma tête. Je devais faire le deuil de tout un mode de vie, d'une relation avec une personne merveilleuse, tout en apprenant à vivre complètement autrement. 




Puis, en passant par les vestiges de ce qui fut mon si joli chez moi, j'ai accepté avec entrain une proposition de Wwoofing entre copines. J'avais peur. Alors j'ai regardé cette angoisse droit dans les yeux, et j'ai foncé dedans, tête baissée. J'avais pour sac de voyage un gros sac poubelle rempli de trucs complètement illogiques (j'avais pris soin de prendre mon lisseur. Pour aller faire du Wwoofing. Ma logique m'étonnera toujours). Je n'étais pas du tout préparée, mais j'ai aimé me retrouver face à cette réalité de la vie, si lointaine de ce que j'étais. Je me suis retrouvée dans une maison sans eau chaude ni chauffage, et j'ai adoré. Je n'ai rien montré, car je n'étais pas encore assez à l'aise avec l'adaptabilité, mais putain que c'était bon. J'ai sûrement pleuré en partant d'ailleurs. C'est une sorte de rituel pour moi. Lorsque je quitte un endroit, je me dis quasi systématiquement que c'est le meilleur endroit de l'univers. 
Puis je repars, vers de nouvelles aventures, des rencontres improbables, de jolis projets. Puis parfois, je suis déçue, mais c'est tellement rare, et si peu important.




Du coup, je dis oui à à peu près tout ce que la vie me propose. C'est rigolo, c'est surprenant, c'est plein de rebondissements. Je ne me mets jamais en danger, et j'ai la tête pleine de souvenirs, et le coeur blindé de confiance en moi.
Au fur et à mesure, je vois mes angoisses rapetisser, et s'éloigner. Puis parfois, une d'entre elle ressurgit, comme ça, sans crier gare. Du coup, hop, un coup bien placé, et elle me fout la paix. L'autre jour, au marché, j'ai soudain eu peur de commander des tomates au marchand. Pourquoi ? Aucune idée. Toujours est il que du coup, bien que je m'en foutais pas mal de repartir de ce marché avec des tomates sous le bras, j'ai fait la queue, et je les ai commandé, ces putains de tomates.
C'est comme ça que je me retrouve à partir à Los Angeles, ville à laquelle je ne me suis jamais intéressée car avouons le, ce n'est pas une partie des Etats Unis qui me faisait particulièrement rêver. Mais on me l'a proposé, alors j'ai dit oui. Je me retrouve donc à prendre l'avion dans moins de 2semaines pour trois mois de folie. J'ai super peur de prendre l'avion seule, de pas savoir me débrouiller avant, pendant, après (rien à foutre des angoisses d'avion classiques), surtout sachant que je suis une brêle en Anglais. Du coup, je le prends seule et ai prévu deux jours SEULE en plein milieu de cette ville inconnue. C'est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. 
Il m'arrive parfois de rêver d'une couette, de mes chats et d'une bonne série, entourée de mes meubles et mes bibelots. Puis je me souviens que j'aurais tout le reste de ma vie pour m'affaler dans le confort, et que si ce n'est pas à l'ordre du jour, c'est que je l'ai décidé, et que je ne suis pas prête pour une nouvelle routine.
Je m'adapte de plus en plus facilement aux diverses situations auxquelles je suis confrontée, je suis de plus en plus à l'aise, de plus en plus débrouillarde, et donc de plus en plus fière. Ce que je fais ne relève absolument pas de l'extraordinaire, mais c'est une étape nécessaire de mon évolution.
Se dire que j'ai de la chance de mener cette vie là, c'est se donner un prétexte pour ne pas faire la même chose, pour ne pas prendre sa vie en main et en faire quelque chose de satisfaisant. Non, avoir une vie épanouissante, ce n'est jamais de la chance. C'est des prises de décisions, des concessions, des compromis, des sacrifices. Mais le jeu en vaut la chandelle, promis. Vous en êtes tout aussi capables que moi, et si c'est la vie que vous voulez mener, rien n'est assez important pour vous en empêcher.




Où je vis ? Où on me le propose, la plupart du temps, je me laisse porter. Et je reste jusqu'à ce que je m'ennuie, ou que j'ennuie. Jusqu'ici, je n'ai été qu'en France (obligée d'annuler le Luxembourg et la Sicile, pour des raisons d'organisation et de sous, mais ce n'est que partie remise).
Ce qui est génial avec le fait de ne pas avoir de maison, c'est qu'on est complètement maître du déroulement de notre expérience. Il n'y a quasiment pas de contrainte matérielle, et ça, c'est non négligeable. Vous n'avez pas à vous emmerder  avec les sous locations, les loyers, les factures...

Comment j'ai vécu financièrement jusqu'à maintenant ? Pôle Emploi (400€ max/mois) et la vente de mes dessins/tattoos. Je pourrais être gênée à l'idée de profiter de l'aide de l'état, mais non. Je ne l'utilise pas pour regarder la TV à longueur de journée, je l'utilise pour m'épanouir, ce qui me servira énormément professionnellement.

Qu'ai je fait de mes chats ? Je les ai mangé.
Non. Mes amours sont en sécurité, avec leurs fidèles acolytes, chez mon ancien compagnon. Je vais les voir dès que j'en ai l'occasion, et lorsque je les vois heureux et choyés, je suis rassurée de constater que mon choix égoïste n'a pas d'impact sur eux.

Vais je continuer sur cette lancée ? J'avais prévu de me poser à mon retour, puis avec ce projet Californien, me voici relancée dans un élan de découverte, et je commence déjà à prévoir quelques voyages pour 2016. Me stabiliser à nouveau me demandera un certain temps d'adaptation, et je ne suis pas sûre que ça me fasse accéder à beaucoup de points d'épanouissement.

Quelles sont les contraintes ? Mes chats me manquent, ma maison fait la taille d'une valise, je me sens redevable auprès de chaque personne qui m'héberge, se retrouver seul nécessite une certaine organisation et quelques pirouettes sociales, et parfois, j'ai des coups de blues (mais pas moins que dans d'autres circonstances), je ne peux pas m'engager dans une/des relation/s suivies, n'ayant pas vraiment l'énergie et le temps pour ça, et il arrive que ça me frustre beaucoup.

Qu'est ce que cette vie a pu m'apporter ? Comme évoqué précédemment, j'ai pu démolir la gueule de mes angoisses, comme Buffy dans un cimetière, j'ai fait des rencontres fabuleuses, j'ai appris pleins de choses auxquelles je ne pensais jamais avoir accès, je me sens chaque jour un peu plus épanouie, puis ça m'aide beaucoup à affirmer mon indépendance émotionnelle et à revoir mes priorités, me recentrer sur moi, de façon saine  et légère.


Alors maintenant, sache que tes angoisses sont minuscules à côté de tes capacités, que les prétextes que tu brandis pour ne pas accéder aux bonheur sont très facilement démembrables (<- mot qui n'existe pas encore), et que tu peux être heureux et faire des trucs fabuleux.

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11 commentaires

  1. Comme je te comprends , j'essaie pareil de me booster pour ne pas tomber dans une routine qui ne me correspond pas en fait ... Mais le plus dur c'est de se bouger êt de pas rester au fond de son lit à avoir peur de la vie. Heureusement que la vie t'apporte aussi l'aide de personnes qui te motive à bouger tes fesses comme tu dis c'est peut être un détail, mais pour moi çâ ca veut dire beaucoup ❤️

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    1. Il n'y a que toi qui peut trouver la motivation de prendre ta vie en main, même si je te l'accorde, c'est loin d'être évident tous les jours <3 Les autres, bien qu'ils soient d'une aide absolument indispensable et merveilleuse, ne sont là qu'une fois les démarches lancées, et le plus grand pas effectué :)
      Prends confiance, tu vas y arriver <3

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  2. J'ai vécu la même chose c'est dingue ! J'avais peur de tout ! J'avais des œillères avec un homme qui ne voyait que par un CDI/maison/enfant et puis au moment de la rupture, grosse dépression... Je ne suis pas parti comme toi [d'ailleurs je t'admire c'est magnifique], j'ai repris ma vie en main en combattant mes peurs.
    En tout cas ton texte est magnifique <3

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    1. Merci beaucoup pour ton message ! C'est en effet une similitude interressante, et ton témoignage est la preuve qu'il n'y a pas qu'un chemin pour accéder au bonheur, mais qu'il suffit juste de trouver celui qui nous convient <3

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  3. J'ai tellement aimé ton article… Cette phrase, cette phrase-là a percuté mon esprit : "Non, avoir une vie épanouissante, ce n'est jamais de la chance. C'est des prises de décisions, des concessions, des compromis, des sacrifices." C'était quelque chose que je n'arrivais pas à expliquer à mon entourage, que je n'arrivais pas à m'expliquer. Je suis absolument ravie de découvrir ton blog et je m'inscris quelque part pour le suivre (je vais trouver où !) et pour ne pas manquer tes articles car je suis certaine que ce ne sera pas le seul à me marquer.

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    1. Merci beaucoup Céline pour ce message qui me touche beaucoup <3
      En espérant te revoir dans le coin !

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  4. Bravo ! C'est touchant un tel article, plein de sincérité.
    Je me retrouve beaucoup dans ce que tu racontes.

    Que la vie t'offres de belles aventures, et que tu continues à les partager ! ;)

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  5. Je commente jamais, malgré le fait que je suis tes aventures depuis un bon moment, mais merci pour cette note très juste, dans laquelle beaucoup se retrouvent. Je crois que c'est en partie cet article lu il y a une dizaines de jours, qui m'a motivé à partir voyager seule :)

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  6. Je t'admire beaucoup. Voilà, je ne sais quoi dire de plus.

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  7. Cet article est très enrichissant, et le lire m'a fait un bien fou. Je me suis reconnue avec effroi dans ton constat de vie trop plate, monogame, tranquille.
    Je n'oserais tout envoyer valser, ce sentiment de culpabilité qui m'anime est beaucoup trop prégnant.
    Mais il y a un équilibre à trouver, et il me faut sortir de ma zone de confort qui, paradoxalement, alimente mes angoisses les plus profondes..
    Merci pour ce témoignage.

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Merci pour ce petit mot !

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