Mon corps - mes choix.

1/20/2014

Je crois que je suis passée à côté d'une information capitale : on a enfin inventé la machine à remonter le temps tant attendue. 
En effet, 2014 pointant fièrement le bout de son nez, nous promet une surprenante évolution, mais au lieu de ça, je constate tristement qu'être citoyen et avoir des droits en tant que tel ne semble en réalité pas encore acquis. 

I. La parentalité.

Il y a à peine un an, des humains, au même titre que vous et moi, ont du lutter, batailler, convaincre, combattre, pour un droit évident : celui de la parentalité. Je parle évidemment des homosexuels, contre lesquels beaucoup criaient sans la moindre gêne au scandale. Comment deux personnes aimantes pourraient elles prétendre éduquer un enfant comme il se doit ? Je ne reviendrai pas sur ce débat clos, mais je voulais juste mettre le doigt sur l'argument maître : "le bien de l'enfant en devenir est prioritaire : un développement sain semble compromis dans un tel schéma familial". (<-- Je précise pour les moins attentifs que je ne suis absolument pas d'accord avec cet argument.)

Puis dimanche dernier ces probablement mêmes personnes, ont décidé de ressortir les banderoles et de reprendre la rue d'assaut, poing levé : Reculons désormais sur le droit à l'avortement. Offrons à la future génération des mères qui n'en sont pas, pour l'élever dans la stabilité d'un foyer qui n'y ressemble en rien. Il est vrai que la quantité prime sur la qualité. Peut importe le bonheur, du moment qu'on est raccord avec des valeurs archaïques. 

Je fais partie de ceux qui rêvent d'un permis d'enfanter. Trop souvent, j'ai écouté douloureusement le discours écorché d'enfants non désirés. Ceux qui en garderont des séquelles à vie et qui ne feront que survivre tout au long de leur existence... Ceux qui ne guérirons pas d'avoir subi ces foyers destructeurs. 
Je fais aussi partie des supposées 35% de femmes qui ont préféré avoir recours à ce droit qu'est l'IVG pour préserver cet enfant potentiel. J'ai tout simplement préféré souffrir que faire souffrir. 
Non, avorter n'est pas un moyen de contraception, et encore moins une formalité. Chacune le vit à sa manière et se préserve plus ou moins de la douleur que représente cette épreuve. Mais je ne permets à personne de prétendre que c'est un droit de confort que de pouvoir disposer de son corps et réparer au mieux ses "erreurs". 
Si je m'étais rétractée, j'aurais une toute autre vie, et j'en aurais inconsciemment voulu à cet enfant qui n'y aurait été pour rien. Je n'aurais pas été la mère qu'il aurait mérité. Cet enfant aurait grandit dans la douleur et la culpabilité perpétuelle. Et je ne souhaite à  personne de subir ça, et encore moins la chaire de ma chaire. 

II. L'apparence

Autre élément qui me scandalise chaque jour un peu plus : le "slut-shamming". Pour ceux à qui ce terme ne dit rien, le "slut shamming" consiste, en gros, à pointer du doigt/humilier un individu de sexe féminin jugé trop provocant. Oui, parce qu'en 2014, disposer de son corps et de son image, c'est mal vu, encore. S'assumer, c'est risquer des brimades. Dans une société qui prône l'amour de soi tel que l'on est, il faut le faire en cachette, volets fermés, peau dissimulée, sexualité refoulée. 
Il paraît que se montrer, c'est ne pas se respecter. Mais n'y a t il pas autant de notions du respect que d'individus ? 
Je ne m'étendrais pas sur le sujet, Pauline m'a joliment ôté les mots de la bouche, et je vous incite à les lire.



Etre une femme, ce devrait être un plaisir, un honneur.
Je rêve d'un monde où chacune pourrait être qui elle veut, de la façon dont elle le souhaite, et serait soutenue dans ses choix, autant par la société que par ses proches ou même de parfaits inconnus. 
Je ne veux plus d'une terre qui m'incite à garder un enfant dans d'affreuses conditions, au péril du Bonheur et de l'épanouissement, ni qui me montre du doigt parce que je ne cache pas honteusement que je suis "sexuellement active". 

Blâmer une femme libre, c'est reculer.



Cet article est certainement maladroit et ne changera probablement aucune mentalité, mais je ressentais un réél besoin de m'exprimer sur ce sujet sensible. Vous avez pu constater que je me suis sincérement livrée afin de donner du poids à mes idées décousues, en espérant que vous saurez le respecter. 

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11 commentaires

  1. Je voudrais juste préciser qu'il ne faut pas mélanger les anti mariages gays et les anti avortement !
    Cela dit, ton article est très touchant.

    Amélie (@ganannis)

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    1. J'ai du mal m'exprimer, je ne parlais pas du mariage, mais uniquement de l'adoption gay (sachant que la question s'est posée en même temps, vu que l'un donnait accès à l'autre, mais je différencie bien les deux). Et pour moi, les anti adoption gay et anti IVG sont majoritairement, les mêmes, sachant qu'ils répondent identiquement à des problèmatiques différentes :)
      Je n'arrive pas à m'expliquer correctement, mais j'espère que tu as compris ce que je voulais dire ? :)
      En tout cas merci pour ton commentaire, les réactions sur ce genre d'articles me touchent d'autant plus.

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  2. Article plein de mots tres forts. Et je le lis pile après avoir eu le meme genre de discours, avec des mots beaucoup moins intéressants et poignants que les tiens.
    Il faut arreter de croire que les femmes peuvent prendre l'IVG comme un moyen de contraception. Meme si certaines sont écervellées, ce n'est pas une restriction qui les aiderait mais davantage d'encadrement.

    Merci pour ce post :)

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    1. Merci beaucoup, ton commentaire me touche beaucoup. Quels que soient les mots employés, l'important est surtout le message à faire passer en masse. :) Mais je suis ravie que les miens t'aient parlés.
      Oui, c'est clair que la solution, c'est la prévention, et pas la punition... Mais va faire comprendre ça à des idiots...

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  3. Comment je pourrais pas commenter Flavie ! Tu me connais ...
    Merci pour ces mots, merci d'en faire sûrement prendre consciente à certains, même à ceux qui ne s'y intéressent pas. La discrimination, une nouvelle marque de fabrique française sinon comme titre ...
    Non , heureusement qu'il y'a des gens comme toi :)
    Ah et au fait la machine a remonter va plus loin...
    Eh oui il y'a une vague de protestations comme quoi la terre serait plate en fait..a suivre ;)

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    1. Merci pour ce commentaire, il m'a vraiment touché.
      <3

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  4. Je viens de lire ton article& je le trouve super touchant& criant de vérité.
    Comme toi je ne comprends pas toutes ces personnes homophobes& celles qui manifeste contre l'avortement. On est au 21éme siècle ou bien ? Pathétique.. Je comprends pas pourquoi certaines personnes puissent tenir ce genre de discourt à notre époque.

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  5. Constater que l'avortement est de plus en plus "tabou" c'est scandaleux. On ne devrait pas avoir honte d'avoir avorté : Chacun a sa vie et fait ses choix en conséquence et personne n'a le droit de juger de ça. C'est un choix assez lourd pour qu'en plus on se permette de culpabiliser les personnes qui y ont recours.
    C'est un bel article, et ce que tu appelles "maladresse" te rends juste touchante.

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    1. Merci pour ce commentaire, qui me va droit au coeur.

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  6. Douce Flavie, ton texte me fait écho.
    J'ai sincèrement souffert de ce déferlement de haine par rapport à l'homoparentalité. De l'amour. De l'amour pur. Et voir tant de gens s'y opposer et juger.. Qu'elle vision archaïque et patriarcale. Il n'y a pas qu'un modèle de famille. Famille monoparentale, famille métissées, enfants adoptés, famille recomposées.. Et c'est ça la vie. Toute cette haine envers leurs "voisins"..
    Et je comprend directement ton lien avec l'IVG. Et ça, ça m'a fait pleuré de rage. En 2014 on ne considère toujours pas les femmes comme des humains capables de se responsabiliser elles-mêmes. Non on nous infantilise toujours un peu plus. Et bien non. Si on tombe enceinte, nous sommes capables de prendre une décision réfléchie et assumée. J'en ai assez de voir des hommes (et des femmes) parler d'avortement de confort et d'avortement comme contraception. Qu'elle ignorance.. C'est bien la preuve que ces "bien-pensants" ne sont pas passés par là. Tout comme toi, j'ai moi aussi eu recours à l'IVG. Je ne regrette absolument pas.
    J'habite à Montreuil, pas très loin de là où tu résidais avant. Pas facile de s'habiller librement hein.. Harcèlement de rue, on connaît bien.
    C'est pas gagné de vivre comme une femme libre. Mais je suis fière d'en être une. Je lâcherai jamais et je suis fière d'être ce que je suis.
    Je ne te connais que via ce blog et instagram mais tu as l'air d'être une chic fille. Et ton article, wouah ça remonte le moral et me pousse à continuer.
    Bravo et merci à toi !

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Merci pour ce petit mot !

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